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Les Rideaux de porcelaine

 

«Le rideau» a été primé par Ateliers d’art de France pour la région Limousin 2013

La lithophanie est une technique bien connue en porcelaine et trouver une nouvelle manière de la présenter était le défi que nous nous étions lancés. Au départ il y a eu l’envie d’une lithophanie géante. Puis s’est rapidement imposé l’idée de la souplesse. Cette fluidité apportait une qualité nouvelle et inattendue à la porcelaine. Une qualité qui viendrait en plus solutionner différents problèmes techniques liés à la grande dimension.

L’ idée retenue a été de réaliser cette pièce en assemblant de petits modules carrés.

Le choix du sujet à révéler n’est venu qu’après avoir résolu le problème du support. Nous avons donc dû réfléchir au meilleur moyen de marier le sujet à la trame qui allait être très présente. De là est né la création d’une oeuvre pixellisée.

Les carreaux sont des plaquettes de 5 cm de coté, et dans 10 épaisseurs variant de 0,8 mm à 4,4 mm. Les plus fines sont les plus translucides, les plus épaisses étant les plus opaques.

Les 1160 porcelaines sont obtenues par coulage et c’est de la corde à piano très fine qui passe dans l’épaisseur des plaquettes et les relie entre elles. C’est cette articulation entre les plaquettes et leur géométrie qui donne toute sa souplesse à l’ensemble.

Pour finir la pièce et réaliser le système d’accroche, nous avons choisi de détourner des chevilles de violoncelle en ébène. Elles sont serties dans une barre en chêne teinté, et permettent le réglage de la tension des cordes.

L’idée d’un format « rideau » nous semblait aller dans le sens de la souplesse recherchée. Nous sommes partis sur 3 mètres de haut et 1 mètre de large.

Il y avait un lien évident entre ces petits carrés et les pixels que composent une photo. Il était amusant de continuer dans ce sens, en cherchant un ‟motif” du microscopique.

Les globules rouges ont faits partis de nos nombreuses recherches et nous les avons retenus parce qu’ils forment un motif répétitif. C’était un bon compromis entre un sujet très figuratif qui aurai manqué de fluidité et un sujet trop abstrait ou conceptuel que nous ne souhaitions pas. Ici, dans ces volumes et cet espace, chacun peut inventer son histoire et sa poésie.

Nous pensons avoir réussi le défi de marier l’inattendu et la magie de la lithophanie à un objet sensuel et moderne.

Cet objet lumineux intrigue les voyageurs pressés que nous sommes. Nous nous arrêtons pour continuer à percevoir cette chaleureuse impression aux contours incertains. Déjà la curiosité est plus pressante. Plus près, les formes se dérobent et une nouvelle trame apparaît ; des écailles dirait-on. La main tendue nous effleurons la chose. Sa peau est douce et texturée. A la caresse plus appuyée elle ondoie dans un chant à la fois calme et cristallin. Tous les sens sont troublés et c’est envoutés que nous passons de l’autre côté du rideau.